MALAFOSSE JP, MALAFOSSE I. 2013 – simplified text for rough approximate translation to →

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SUIVI DES RAPACES FORESTIERS EN LOZÈRE ET DANS LE PARC NATIONAL DES CÉVENNES : LE CIRCAÈTE JEAN-LE-BLANC Résultats pour 2013 Jean-Pierre et Isabelle MALAFOSSE Parc national des CévennesSUIVI DES RAPACES FORESTIERS EN LOZÈRE ET DANS LE PARC NATIONAL DES CÉVENNES : LE CIRCAÈTE JEAN-LE-BLANC Résultats pour 2013 Nous observons un léger redressement du taux de reproduction en 2013 qui reste tout de même bien en dessous de la moyenne. Comme il est régulier maintenant, depuis une dizaine d’années, le printemps continue d’être très défavorable à notre population et surtout en moyenne montagne. Le début de saison a particulièrement été dur pour les couples nicheurs. I) – Inventaire : Les tableaux ci-dessous présentent les effectifs et densités retenus pour la zone d’étude en 2013. Un nouveau couple vient compléter le secteur Aigoual et un couple de la catégorie probable est porté dans la colonne des couples certains pour le Causse. Secteurs biogéographiques Certains Probables Possibles Total Cévennes (CEV) 44 3 8 55 Causses (CAU) 48 5 10 63 Aigoual (AIG) 45 0 2 47 Mt Lozère (LOZ) 16 8 7 31 Aubrac (AUB) 15 1 – 16 Total général 168 17 27 212 Tableau n° 1 : inventaire, par secteur et sur la zone générale d’étude des couples nicheurs de circaète (couples certains, probables et possibles.) Secteurs couples couples couples total Biogéo… certains probables possibles C évennes 44 3 8 55 Causses 48 5 10 63 Aigoual 45 0 2 47 M t Lozère 16 8 7 31 ZONE 161 17 27 195 superficie (ha) 60 000 90 000 45 000 70 000 265 000 Nb cple pour Nb ha/cple 100km2 9,16 1091 7 1429 10,4 957 4,43 2258 7,36 1359 Tableau n° 2 : inventaire des couples et densités sur quatre secteurs biogéographiques du Parc national des Cévennes en 2013.II) – Reproduction En 2013, nous avons contrôlé 97 sites de nidification sur les 168 connus. Ce bel effort nous a permis de constater la présence de 75 couples. 16 sites étaient inoccupés et six n’abritaient qu’un seul oiseau. C’est sur l’Aigoual que le plus fort taux de sites inoccupés a été observé (10 sur 30 contrôles). Ce chiffre semble très élevé et pourrait être du aux mauvaises conditions météos qui ont particulièrement rendu difficiles les observations encore cette année. 49 couples ont été suivi ensuite, ce qui correspond à un effort soutenue et constant depuis une dizaine d’années. Le tableau n°3 présente les résultats de la reproduction par zone biogéographique et pour tous les couples suivis en 2013. Cévennes (15 couples) Causses (16 couples) – Ponte : 09 sur 14 = 0,64 – Ponte : 09 sur 16 = 0,56 – Éclosion : 08 sur 15 = 0,53 – Éclosion : 04 sur 16 = 0,25 – Envol : 08 sur 15 = 0,53 – Envol : 03 sur 16 = 0,19 Aigoual (12 couples) Mt Lozère (06 couples) – Ponte : 11 sur 12 = 0,92 – Ponte : 04 sur 06 = 0.66 – Éclosion : 06 sur 12 = 0,50 – Éclosion : 03 sur 06 = 0,50 – Envol : 06 sur 12 = 0,50 – Envol : 03 sur 06 = 0,50 Tous les secteurs (49 couples) – Ponte : 33 sur 48 = 0,67 – Éclosion : 21 sur 49 = 0,43 – Envol : 20 sur 49 = 0,41 Tableau n° 3 : bilan de la reproduction pour 49 couples en 2013 Rappel du taux de reproduction pour les années précédentes: 1992 = 0,33 (N=13) 1993 = 0,66 (N=15) 1994 = 0,47 (N=17) 1995 = 0,78 (N=27) 1996 = 0,65 (N=37) 1997 = 0,40 (N=35) 1998 = 0,64 (N=33) 1999 = 0,71 (N=38) 2000 = 0,58 (N=59) 2001 = 0,57 (N=67) 2002 = 0.52 (N=62) 2003 = 0,59 (N=61) 2004 = 0,31 (N=64) 2005 = 0.54 (N=48) 2006 = 0,79 (N=42) 2007 = 0,56 (N=48) 2008 = 0,50 (N=56) 2009 = 0,41 (N=49) 2010 = 0,22 (N=50) 2011 = 0.42 (N=50) 2012 = 0.23 (N=52) 2013 = 0.41 (N=49) Moyenne sur 22 ans = 0,51 juv. / Couple (N=970 cycles)Comme en 2012 le printemps n’a pas été favorable, mais c’est dès la mi-mars cette année que les conditions météos ont commencé à tourner au mauvais temps humide et froid. Les perturbations de secteur sud ont enveloppé les hauteurs de brumes bloquant très souvent l’activité des circaètes. C’est en Mars, Avril et particulièrement en Mai que les nombres de jours de pluie et de hauteur de précipitation ont été les plus élevés pour cette année 2013 (Graphique 2). Comme nous l’observons couramment dans ces conditions, les femelles ont eu de grosses difficultés pour la ponte. Les conséquences relatives à ces problèmes se ressentent de trois manières : un fort tôt d’abstention avec plus d’un tiers des femelles n’ayant pas pondu, des abandons de la ponte en cours d’incubation (moins importants toutefois qu’en 2010 et 2012) et un retard général de la date moyenne de ponte (graphiques 1 et 3). Pour ce dernier point, Françoise Chevalier a fait les mêmes constatations en Isère. Les couples nicheurs les plus méditerranéens de notre population (dans le département du Gard) ont moins subit ces conditions défavorables et affichent un taux de reproduction supérieur (0.61 juv/couple). Ils se trouvent à basse altitude dans les secteurs biogéographique des Cévennes et de l’Aigoual. En revanche, les circaètes du secteur Causses ont encore payé un lourd tribut au printemps 2013 (0.19 juv/cple), tout comme les couples « montagnards » des deux autres secteurs. -Date moyenne de ponte en 2013 : 24 avril (N=18). Cette année, la date moyenne de ponte au 24 avril est très tardive. C’est même un record pour notre population, comparé à la date moyenne du 14 avril (calculée sur 19 années et 403 cycles de reproduction). Graphique 1 : évolution de la date moyenne de ponte sur 19 ans. Les 18 pontes que nous avons datées cette année ont été déposées sur une période relativement courte mais décalée tardivement après le 10 Avril. Quinze d’entre elles se sont produites entre le 11 et le 30 Avril et deux les 3 et 5 Mai. Enfin, avec une date de ponte au 31 Mai, un couple du Causse Méjean détrône l’ancien record de ponte tardive pour notre population et détenu par un autre couple du causse Méjean le 29 mai 2008. Le jeune c’est normalement développé par la suite. 2013 est la seule année avec 2010 à ne présenter aucune ponte dans la première décade d’Avril.Graphique 2 : Pluviométrie et nombre jours de pluies en 2013 (Saint Etienne du Valdonnez -48). Comme en 2012, les échecs sont très majoritairement dus aux intempéries. Pour 29 échecs constatés, 07 sont indéterminés. Pour le reste, les intempéries sont grandement responsables du fort taux d’abstention en Mars /Avril et des abandons de pontes au cours du mois d’Avril et Mai. Le nombre d’œufs clairs est également plus fort cette année bien que les chiffres pris en compte soient petits. – Abstention – Intempéries – lié au couple – Œufs clairs – Prédation – Dérangement : 08 : 06 : 02 : 04 : 01 : 01 Graphique 4 : Suivi de la reproduction de 1995 à 2013 ponte éclosion envolIII) – Régime alimentaire du jeune circaète à l’aire : Seulement cinq proies relevées dans les aires cette année : deux Couleuvres d’Esculape, une couleuvre à collier, une couleuvre indéterminée et 1 crapaud. Quelques jeunes présentaient encore cette année des stries «d’affamures» sur les scapulaires, preuve d’une quantité de nourriture insuffisante (voir rapports 2010 et 2012). Le tableau N°4 présente les proies relevées dans les aires de 1991 à 2013. COULEUVRES 240 C. d’esculape C. verte et jaune C. à collier C. de Montpellier C. vipérine C. girondine C. lisse C. (sp) 49 75 13 28 3 1 2 69 VIPÈRE ASPIC OPHIDIENS (sp) LÉZARDS VERTS ORVETS HÉRISSONS TAUPE CAMPAGNOLS (sp) CAMPAGNOLS TERRESTRES LIEVRE (juv) LAPIN (juv) RONGEURS (sp) GRENOUILLE ROUSSE CRAPAUD OISEAUX 34 16 19 16 7 1 4 3 1 1 13 3 4 2 Tableau n°4 : synthèse du régime alimentaire de 1991 à 2013 (N=364) IV) – Baguage – Biométrie : Nous avons effectué le baguage de 9 des 18 poussins de circaète « baguables » en 2013 entre le 24/06 et le 15/07. Compte tenu du retard dans les pontes, plusieurs poussins ne pouvaient pas être bagués et marqués durant cette période. Nous avons donc effectué un deuxième passage entre le 20 et le 27 juillet pour huit d’entre eux. Enfin, le plus tardif a été bagué le 10 aout et marqué le 1 er septembre. Nous avons à ce jour bagué 407 circaètes avec une bague muséum à la patte et 336 d’entre eux portaient également une ou plusieurs bagues colorées. Pour 2013, nous avons posé sur chaque oiseau une bague orange avec un code numérique à trois chiffres noirs de 043 à 060. Cette bague a été posée systématiquement à la patte droite au-dessous de la bague métal du muséum. Cette position codera l’année 2013 en cas de lecture incomplète du code (photo 1).Photo 1 : Circaète bagué dans le Parc national des Cévennes en 2013. Observations d’oiseaux bagués en 2013 : En 2013 nous avons10 données d’oiseaux marqués. Deux sont indéterminés avec une lecture incomplète pour l’un et des pertes de bagues colorés pour l’autre. Trois circaètes ré-observés sont représentés par des oiseaux suivis depuis plusieurs années. Trois autres correspondent à des oiseaux nouveaux. Les deux dernières données sont des reprises (oiseaux morts). -Les oiseaux identifiés vivants déjà observés par le passé ou suivis: -Le 3 avril « notre mâle » doyen (rouge sur bleu à droite) s’accouplait et rechargeait une aire sur son site habituel. Agé de 17ans il a mené à bien, avec sa femelle, une nouvelle nichée en 2013. -Renaud NADAL a recontacté le mâle (blanc sur rouge à droite) en train de s’accoupler sur le site habituel des gorges du Tarn le 5 avril. Il a 14 ans en 2013 et nous ne connaissons toujours pas son aire. -Enfin Rémi BARRAUD a revu la femelle « bleu sur rouge à droite » de 14 ans. Elle rechargeait également son aire sur son site habituel. Ce couple a malheureusement encore échoué sa reproduction cette année. Espérons que ces deux échecs consécutifs ne vont pas pousser la femelle à changer de site de reproduction. -Les oiseaux nouvellement identifiés vivants: -Un juvénile, bagué cette année dans les Cévennes, a été retrouvé affaibli en Estrémadure non loin de Badajoz (Espagne) le 01 octobre après un périple de plus de 1000km. Il restera en centre de soin jusqu’au printemps prochain. Cette information nous a été transmise par Alvaro Guerrero et Beatriz Yáňes. -Hervé PICQ nous a encore transmis une bonne photo d’un circaète mâle de 4ans prise sur le causse Méjean comme l’an dernier. Ce nouvel oiseau vient enrichir ce secteur et il présente un beau plumage de mâle immature clair (photo 3). Cet oiseau évoluait à 8 km seulement de son lieu de naissance.-Le dernier circaète, tel qu’il est présenté par l’excellente image d’Yann PONTHIEUX (photo 2), ne pouvait pas être identifié précisément car il avait perdu une bague colorée à gauche. L’image révèle, sans plus de précision, un mâle de 4 ou 5 ans (bague jaune à droite) chassant le 4 avril en Camargue et à x km de son lieu de naissance. La suite ci-après pour en savoir plus… -Les reprises (oiseaux morts) : -…Malheureusement, le 15 avril, ce même oiseau percute un câble électrique à Saint Hippolyte du Fort (F30). Sérieusement blessé à l’aile, il est transféré par les pompiers au centre de soin de Marie- Pierre PUECH à Gange où il meurt pendant l’intervention chirurgicale. La bague métallique nous précise alors son identité. Ce mâle, confirmé par l’autopsie, âgé de 5ans précisément, présentait des plaques incubatrices. Il était sans doute nicheur à cette date dans le secteur de Saint Hippolyte du Fort, non loin de son lieu de naissance sur la commune de Roquedur. Il est mort à 15 km seulement de son lieu de naissance. Cet oiseau nous montre également combien les circaètes sont capables de parcourir de grandes distances pour rechercher leur nourriture. Les conditions météorologiques, très mauvaises du moment dans les collines des Cévennes, ont du pousser l’animal vers des zones plus clémentes de la plaine Camarguaise. Plus de 40 km séparent ces deux points de contact à 11 jours de décalage. Lors des rencontres circaète de 2012, Guilad Friedman nous avait déjà présenté cette particularité avec des circaètes Israéliens nicheurs, équipés de balises suivies par satellite. Faute de moyens de suivi plus précis, nos observations n’excédaient pas 10km de rayon autour de l’aire en ce qui concerne la recherche des proies. -le dernier circaète est un poussin de 2012 retrouvé mort à l’aire avant son envol. Complètement développé, il a du mourir peu de temps avant de quitter l’aire et n’a pas été consommé, ce qui exclue une prédation et nous laisse plutôt penser à une maladie ou un affaiblissement. Parce qu’elle était occupée par le cadavre de leur jeune, les adultes n’ont pas rechargé cette aire en 2013. V) – Observations comportementales : Nous n’avons pas d’observation originale cette année si ce n’est celle d’un couple ayant construit successivement deux aires dans le même arbre et n’en utilisant qu’une seule. Lors de notre passage pour baguer un jeune circaète le 2 juillet dernier, nous avons pu voir une première aire construite et neuve mais non utilisée. Solidement bâtie à une dizaine de mètres de hauteur, sur le berceau d’une branche latérale d’un Pin sylvestre, cette aire semblait parfaite pour déposer la ponte. Rien ne montrait toutefois qu’elle n’ait été utilisée. Deux mètres plus haut, la deuxième aire trônait en tête de l’arbre et abritait le jeune, probablement éclos dans les derniers jours de Mai. Nous ne savons pas exactement ce qui a pu pousser le couple à changer subitement d’aire. Voyant les deux positions très différentes, il semblerait que l’accès au nid n’était pas satisfaisant dans le premier cas ; l’entrée dans l’aire étant perturbée par le berceau de la branche du dessus. C’est seulement la deuxième fois que nous voyons des circaètes agir ainsi depuis le début de notre suivi. Le suivi 2012 a été effectué avec la collaboration de : – pour le Causse : J.L. BIGORNE, G. COSTE, R. DESCAMPS, P. MARTIN. – pour l’Aigoual : N. BERTRAND, N. BRUCE, , B. DESCAVES, J.L. PINNA, B. RICAU. – pour les Cévennes : R. BARRAUD, Y. BRUC, D. FOUBERT, T. NORE, V. QUILLARD, C. VOINSON -pour le Mont Lozère: J.M. FABRE, J. BELACHE. Tèl: 04-66-48-05- Mail: malafossejeanpierre@orange.fr Jean-Pierre et Isabelle MALAFOSSE Route de Bassy 48 000 St Etienne du ValdonnezPhoto 2 : Mâle de 5 ans (6 ème année calendaire). Remarquez la teinte grise de la tête et la poitrine striée. Photo 3 : Mâle de 4 ans (5 ème année calendaire) particulièrement clair. (Photo d’Hervé PICQ)

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