La Plume du Circaète, November 2011 – simplified text for rough approximate translation to →

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n° 9 – Novembre 2011 Suivi / Conservation 2 Synthèse nationale 2010 2 Parc national des Cévennes 3 Puy-de-Dôme 4 Hautes-Alpes 6 Bouches-du-Rhône 7 Hérault 9 Elevage au sol dans le Limousin 9 Nidification sur le Vercors 11 Eolien en Saône-et-Loire 11 Bec-grêle et orteils-courts 12 Observations dans l’Hérault 13 Menaces 17 Circaète et pélerins 17 Pathologies d’un jeune 18 Tirs dans le Tarn et en Camargue 18 International 19 Estivage au Maghreb 19 Un dortoir en Espagne 20 Un jeune en Allemagner 20 Sapience La connaissance est une bulle flottant dans l’inconnu. Elle grossit à chaque découverte, et sa surface de contact avec l’inconnu augmente. Il en est ainsi de notre connaissance du circaète. Chacun de nous possède sa propre bulle, laquelle enfle au fil des observations personnelles, des lectures et des échanges. Sans cesse, nous l’alimentons. Sans cesse, notre savoir nouveau engendre des interrogations nouvelles. Belle leçon d’humilité… Les paramètres chiffrables relatifs à la biologie du circaète sont maintenant bien connus : biométrie – taux de réussite – densités – dates diverses etc. Par contre, les motivations des comportements demeurent souvent un mystère. Pourquoi tel mâle s’accorde-t-il avec telle femelle et non avec telle autre ? Comment expliquer que chez un couple la femelle se montre entreprenante alors que chez le voisin, c’est du mâle dont il s’agit ? Vaste domaine d’investigation que celui de l’écologie comportementale. Difficile car plein d’écueils et de spéculations, mais ô combien intéressant. Il nous permettra de mieux connaître ce circaète qui nous passionne et que nous ne pouvons réduire à la somme de quelques chiffres rassurants. • Bernard Joubert La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 1 Suivi et conservation Bilan des suivis en 2010 2010 restera gravée dans la mémoire des « Gallicophiles » comme l’année noire pour les circaètes d’une grande partie de la France. Le taux de productivité des couples ayant chargé une aire est tombé au plus bas (0,49 jeune par couple). Seuls quelques départements ont semble t il été épargnés et dépassent les 0,54 de notre moyenne nationale : les Bouches-du-Rhône, l’Isère, le Tarn et la Charente-Maritime avoisinent 0,70, l’Aude et le Loir-et- Cher sont proche de la moyenne. En revanche, les Hautes-Alpes, la Haute-Loire, l’Hérault et l’Ariège se situent entre 0,4 et 0,5 (taux très bas par rapport aux années précédentes). Enfin le Lot, la Lozère et le Loiret sont au plus bas avec une reproduction quasi inexistante pour certains secteurs (respectivement, 0,36 ; 0,2 et 0,12). Les intempéries à répétition, exceptionnellement étalées sur les trois mois que dure l’installation des couples, l’incubation et le début de l’élevage, sont dans la majorité des cas responsables de ces mauvais résultats. Bien adaptés à essuyer ce genre d’aléa de la reproduction, notre population devrait toutefois profiter d’années meilleures à venir. Saluons la surveillance et le difficile suivi effectués en bordure d’aire de répartition qui nous apportent chaque année leur lot de surprise. En 2010 le nombre de participant au réseau ne cesse de s’accroître et passe la barre des 200. Enfin, nous remarquerons le vide laissé par l’absence des données Girondines. La disparition brutale de Françoise Girardin en est la cause. Le dynamisme et l’Amour sans retenu que Françoise avait développés pour « ses oiseaux », doivent nous inciter à continuer notre action pour le circaète Région Départements Aquitaine Dordogne Haute-Loire Puy-de-Dôme- Sioule Auvergne Puy-de-Dôme- Dordogne Puy-de-Dôme- Couzes Côte d’Or Bourgogne Saône-et-Loire Loir-et-Cher Centre Loiret Franche- Jura Comté Doubs Ile-de-France Seine-et-Marne Aude Languedoc- Hérault Roussillon Lozère et Gard Limousin Corrèze Ariège Haute-Garonne Midi-Pyrénées Lot Haute-Pyrénées Tarn Pays de la Maine-et-Loire Loire Poitou- Charente-Maritime Charentes Vienne Bouche-du-Rhône Provence- Var Alpes-Côte Hautes-Alpes d’Azur Alpes-Maritimes Isère Rhône-Alpes Loire Haute-Savoie Total 2010 Rappel 2009 • Jean-Pierre Malafosse 2 La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 Sites Couples Jeunes à Surveillants Journées occupés producteurs l’envol 5 4 4 4 11 24 23 10 3 40 2 1 1 2 4 1 0 0 2 3 9 / 5 5 20 6 1 1 4 30 7 / 4 5 50 17 11 9 4 15 8 8 1 1 15 0 0 0 4 18 1 0 0 3 13 1 1 1 3 22 111 32 24 10 42 33 25 16 2 56 68 32 10 23 90 6 2 2 7 13 4 2 2 5 10 3 1 1 2 4 12 11 4 4 6 5 2 0 2 8 21 16 10 6 18 4 3 3 7 55 7 7 5 2 13 6 3 1 19 62 13 12 9 2 30 15 11 6 32 218 3 3 1 / / 23 / 16 11 130 6 2 1 31 45 2 0 0 3 28 423 213 147 208 1139 479 343 187 154 841 Bilan des suivis circaètes en 2010. Cahiers de la surveillance – LPO Mission Rapaces Bilan 2010 dans les Cévennes Suivi de la reproduction En 2010 nous avons contrôlé la présence des couples sur 83 sites de reproduction. 72 étaient occupés (85,5%) et nous avons effectué le suivi de 50 d’entre eux afin d’obtenir les données annuelles de la reproduction. Après trois ans de baisse régulière, nous espérions une amélioration de la reproduction cette année. Il n’en est rien et avec un taux très bas de 0,22 jeune par couple, l’année 2010 affiche une baisse encore plus marquée. Les conditions météorologiques du printemps sont encore grandement responsables cette année de ce mauvais résultat. Il nous a été difficile de rechercher et suivre les couples en 2010, tant les conditions étaient dures. Froid vif et humidité persistante ont perturbé les oiseaux en mars et en avril (peu d’activité sur les sites de nidification, oiseaux prostrés et attendant en fin de matinée une éclaircie pour partir chasser (sans charger l’aire ou s’accoupler…). Tous les précieux comportements habituellement observés et démontrant une forte activité sexuelle et un intérêt pour l’aire nous ont cruellement manqués. En 2010, nous avons de ce fait un fort taux d’abstention, avec moins de 75% des couples ayant pondu semble-t’il. Suivi de trois paramètres de la reproduction dans les Cévennes (N=765). En noir, la ponte; en rose, l’éclosion, en jaune, l’envol. Je rappelle que le taux d’abstention et représenté par les couples présents sur les sites, chargeant une aire et/ou avec un comportement reproducteur, mais ne déposant pas de ponte. Par la suite, les mois de mai et juin ont également apporté leur lot de perturbations, caractérisées par des pluies certes peu abondantes mais nombreuses (22 jours de pluie en mai et juin) avec des brumes et des vents violents de secteurs variés. Les températures clémentes ne sont apparues que tardivement en juin (dernières chutes de neige les 3 et 20 juin en altitude). De nombreux oiseaux ayant réussi la ponte en avril ont du abandonner l’incubation de l’œuf ou ont vu leur aire basculée par des vents violents. Les poussins n’ont pas par la suite subit de problème particulier mais ils étaient assez maigres et très peu de proies en surnombre se trouvaient sur les aires. Le graphique illustre le déroulement perturbé de la reproduction en 2010 ; phénomène similaire mais Détail des barres d’affamures sur un jeune circaète encore amplifié Photo : J-P.Malafosse par rapport à 2008 et 2009. Sur 39 échecs constatés, 21 sont indéterminés. Le taux d’abstention est fort ainsi que le nombre d’aires basculées par le vent. Beaucoup de pontes non déposées et d’œufs abandonnés en cours d’incubation par des femelles affamées doivent se trouver dans les indéterminés. 18 échecs se répartissent comme suit : huit abstentions, six chutes d’aires, deux prédations et deux dérangements. Nous avons observé cette année un jeune présentant ce qui ressemble à des stries « d’affamure » . Cette anomalie du plumage apparaît semble–t- il chez les individus mal nourris (Romain Riols comm. Pers.). Nous avons observé ce phénomène cette année, avec R. Riols, chez des jeunes milans royaux. Il semble donc que les circaètes n’ont pas été les seuls à souffrir en 2010. Suivi individualisé Parmi les oiseaux recontrôlés en 2010, signalons cet individu né dans les Cévennes en 1995 sur la commune de Moissac vallée Française. Observé cette année en chasse sur la commune de Chanac, il avait déjà été contrôlé en 2007 sur Barjac (commune proche) et en 2002 au sud de l’Aigoual (B.Ricau). Il s’agit de notre oiseau le plus âgé : 15 années de vie en 2010. La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 3 Parmi les nouveaux contrôles, un nouveau jeune d’un an a été observé (A.Rouviere) sur la commune de Pont de Montvert. Cet oiseau est né en 2009 sur la commune de Saint-Etienne-du- Valdonnez (couple dont le mâle de 14 ans est lui même bagué). Cet oiseau est très clair. C’est le deuxième « juvéno-immature » français contrôlé en Europe (voir oiseau en Italie en 2009). Cette année, Pierre Maigre nous informe qu’un troisième jeune circaète, bagué en 2009 par ses soins dans l’Hérault, était de retour au printemps 2010 non loin de son site de naissance. • Jean-Pierre et Isabelle Malafosse Parc national des Cévennes malafossejeanpierre@orange.fr Circaète immature (1 an et 50 jours) revu à 20 km de son lieu de naissance en 2010. Noter l’aspect clair du plumage, les larges liserés des grandes couvertures alaires et l’iris jaune citron. La combinaison bleu à droite et rouge sur métal à gauche est bien visible. Photo : A.Rouvière. Bilan 2010 dans le Puy-de-Dôme En 2010 comme en 2009, le suivi du circaète dans le Puy- de-Dôme s’est essentiellement focalisé sur deux secteurs : le Pays des Couzes dans le sud du département et les Gorges de la Sioule dans l’ouest. Cette année encore ce bilan utilise grandement les données issues du site Internet faune- auvergne.org, ce qui permet une photographie annuelle sur la totalité du département même si ce sont les secteurs habituellement les mieux suivis qui offrent le plus d’information sur la reproduction et sa réussite. Phénologie Le premier oiseau a été cette année observé le 15 mars 2010 à par L. Pont à Mazoires. Ceci correspond à une date classique de retour dans notre département (Bernard et Riols, 2010). L’occupation des sites de nidification est réelle et régulière à partir de la deuxième quinzaine du mois de mars comme d’habitude, avec par exemple un cantonnement très net noté 4 Répartition des données par décades. Source : Faune-Auvergne dès le 23 mars dans les Couzes. La dernière observation a été effectuée le 11 octobre 2010 à Creste (collectif d’observateurs suivant la migration des oiseaux) avec deux individus en migration active dans la journée. Ceci correspond à une période de présence dans le département de sept mois complet quasiment jour pour jour. Le graphique présente la répartition de ces données par décade sur la période de présence de l’espèce. Comme en 2009, on remarque l’augmentation assez rapide La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 du nombre de données après l’arrivée des oiseaux, puis un premier creux en avril avant une augmentation brutale du nombre de données en mai essentiellement due à une augmentation de la pression de suivi dans le Pays des Couzes. Remarquons toutefois cette année que deux périodes de très mauvais temps ont caractérisées le printemps, et on retrouve ces périodes avec très peu de données (première décade de mai et troisième décade de juin). Enfin, le nombre élevé de données sur la dernière décade de juillet, les trois décades d’août et sur les deux premières décades de septembre (145 données sur 336, soit 43 %) correspond à la fois à une période où l’observation des oiseaux est plus facile (envol des jeunes, début de dispersion, moindre discrétion…) mais aussi à la présence d’observateurs sur le site de Creste pour le suivi de la migration qui ont noté l’espèce de manière quasi-journalière. Reproduction Le Pays des Couzes et la Vallée de la Sioule sont les deux seuls secteurs qui apportent des données certaines de reproduction, le couple localisé l’année dernière dans la vallée de la Dordogne n’ayant pas donné de jeune à l’envol. Vallée de la Sioule Sur cette vallée, les deux couples connus sont présents sur leur site de nidification respectif en début de saison. Le premier couple donnera un jeune à l’envol découvert alors même que très peu d’activités avaient été notées sur le site auparavant. Ce jeune s’envolera au milieu du mois d’août (non volant le 14/08, observé volant sur le site le 21/08). Le deuxième couple n’a pas, pour la quatrième année consécutive, mené à bien sa nidification. Les conditions météorologiques très mauvaises du printemps sont peut être en cause, sans qu’il soit toutefois possible de préciser s’il s’agit d’un échec ou d’une abstinence de reproduction. Deux observateurs ont assurés le suivi de ce secteur sur quatre journées, soit environ 24 heures de suivi. Pays des Couzes Dans le Pays des Couzes, le suivi a porté cette année sur vallées de la Monne, de la Couze Chambon, de la Couze Pavin et de la Couze de Valbeleix. Sur les 13 territoires connus de la zone d’étude, 11 ont été visités au moins une fois cette année, en particulier en début de saison. Pour deux territoires, quasiment aucune information n’a pu être récoltée après des observations très tôt en début de saison ce qui ne nous permet pas de trancher sur un réel cantonnement ou non. Pour les 11 territoires restant, le manque d’informations précises sur la reproduction ne permet pas de trancher pour quatre. Les cinq restants ont tous mené à bien leur reproduction en emmenant un jeune à l’envol. Parmi ces couples, notons la présence des couples qui se reproduisent régulièrement déjà signalés l’année dernière. La date d’envol moyen se situe sur le début du mois d’août (premier jeune volant noté le 28/07). Un petit groupe de cinq observateurs ont fourni la plupart des éléments de suivi (C. Lajoie, M. Bernard, T. Bernard, L. Girard et L. Guillaud), soit environ 160 heures de suivi cumulées pour ce secteur (20 journées bénévoles). De nombreuses données éparses ont de plus été saisies sur faune-auvergne dans cette zone géographique et recoupées avec les données du groupe. le nombre d’observations au- dessus de 900 mètres (n=188 soit 56 %) étant supérieur aux observations en-dessous de 900 mètres (n=148 soit 44 %). Les perspectives pour l’année 2011 concernant le suivi de cette espèce dans le département du Puy-de-Dôme pourraient être : – maintien des suivis en cours dans les Gorges de la Sioule et dans le Pays des Couzes. – extension de la zone suivie dans le Pays des Couzes vers le sud. Si l’investissement bénévole le permet. – suivi du couple connu de la vallée de la Dordogne avec peut être des prospections pour localiser d’autres couples éventuels dans cette zone. – une recherche plus précise de l’espèce sur le Livradois et le Forez pourrait s’avérer intéressante. – enfin, la récolte de données récentes sur le régime alimentaire de l’espèce dans le département serait dès plus intéressantes. • Matthieu Bernard LPO Auvergne matthieubernard8944@neuf.fr Conclusion La mise en ligne du site faune-auvergne a permis la saisie rapide de plus de données de l’espèce. Comme en 2009, le nombre d’indices de reproduction reste lui conforme aux années précédentes, ce qui démontre une nouvelle fois la relative discrétion de l’espèce en nidification, et la difficulté à localiser les aires. De plus, comme en 2009, on remarque que la majorité des données proviennent d’une altitude supérieure à 900 mètres, ce qui dénote que les observateurs ont essentiellement noté des individus en chasse ou en déplacement, à une altitude moyenne plus élevée que les sites de nidification ; Site de nidification dans le Pays des Couzes où un couple a mené un jeune à l’envol en 2010. Photo : M.Bernard La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 5 Bilan 2010 dans les Hautes-Alpes Dates d’arrivée C’est la neige qui accueille les circaètes fraîchement arrivés du Sahel ce printemps 2010 (chutes de neige encore présentes le 1er, le 3, le 12 et le 13 avril : un à trois cm en fond de vallée). Un oiseau est observé posé dans le vallon de l’aire à Lardier- et-Valença le 15 mars. Les observations de début de saisons montrent que les oiseaux sont bien présents sur leur site, fidèles à leur date d’arrivée, quelles que soient les conditions météo. Reproduction 15 couples ont été suivis cette année dans les Hautes-Alpes : un dans le Briançonnais, un dans le Haut-Embrunais, un dans le Valgaudemar, deux dans le Champsaur et 10 dans le Gapençais. C’est le même nombre que l’an dernier. Pour 2010, le taux de reproduction est de six jeunes à l’envol sur 15 couples suivis soit 0,40, selon la définition de JP Malafosse (Réseau Circaète, LPO Mission Rapaces – La Plume du Circaète n°3 [TR = nb de jeunes envolés / nb de couples suivis]). Cette année pour les Hautes- Alpes, nous avons donc une reproduction médiocre. L’an dernier, 12 jeunes pour 15 couples avaient pris leur envol soit un taux de reproduction de 0,8. Soulignons que le mauvais temps pourrait bien être la cause d’un grand nombre d’échecs cette année pour les couples localisés en altitude. En effet, aucun jeune n’a vu l’envol dans les aires situées au dessus de 1 000 m d’altitude (sept couples concernés sur les neuf échecs) sauf celui du Haut-Embrunais. Changement d’aire Plus de la moitié des couples (quatre sur sept) changent d’aire cette année. Elles sont toujours toutes localisées sur des pins sylvestres. 6 Connaissance du circaète en 2010 dans le Gapençais. R.Brugot Territoires Les 11 couples du Gapençais se répartissent sur 316 km2. La densité moyenne est donc d’un couple pour 29 km2. Les circaètes choisissent un vallon peu fréquenté par l’homme et boisé de pins sylvestres pour installer leur aire. Dans le Gapençais, les ravins creusés dans la marne et colonisés par des pins arrivés à maturité répondent à ces exigences et de ce fait accueillent les couples de circaètes. Observations d’apports de proies communs, et deux des micromammifères. On note également un lézard vert, une grenouille rousse et une couleuvre vipérine. Les proies ont été apportées entre 9h30 et 16h30, dix par des femelles, huit par des mâles et six par des circaètes de sexe non identifié. Merci aux 32 observateurs pour leur temps passé derrière leurs jumelles (environ 218 journées de surveillance/homme) et la transmission de leurs données. • Rémi Brugot LPO PACA brugotremi@gmail.com Sur 24 proies ramenées aux jeunes entre 2006 et 2010, 20 sont identifiées. La majorité sont des couleuvres vertes et jaunes (8), trois des vipères aspics, deux des couleuvres à colliers, deux des Mâle apportant un crapaud commun à son jeune. R.Brugot crapauds La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 Bilan 2010 dans les Bouches-du-Rhône Contexte Dans le cadre de programmes d’études sur les rapaces de Basse Provence menés par le Conservatoire Étude des Écosystèmes de Provence (CEEP), nous effectuons depuis 2001, bénévolement pendant nos moments de loisirs, le suivi systématique de la population de circaète sur le massif de la Sainte- Baume et les collines environnantes. Cette année, les premiers contacts visuels avec le circaète ont eu lieu dès la première décade du mois de mars sur un site. On peut considérer toutefois que tous les sites étaient occupés dans la troisième décade du mois de mars. Les connaissances acquises au cours des années écoulées, aussi bien sur l’éthologie de l’espèce que sur la topographie de l’ensemble de la zone que nous comptons étudier à terme, nous permettent d’avoir une idée plus précise de la population pouvant être hébergée sur celle-ci, avec un total de 16 à 17 sites de reproduction potentiels. Si on élimine les zones très urbanisées, cela donne une densité de l’ordre de un couple pour 46 km2, soit 2,2 couples au 100 km2. Bilan 2010 Cette année, nous avons contrôlé 13 sites : – douze sites, dont deux nouveaux, étaient occupés par un couple avec reproduction, – un site était occupé par un couple qui ne s’est pas reproduit. – sur deux sites, la reproduction n’a pu être prouvée qu’en fin de saison, par la présence d’un jeune volant et cantonné. Un autre couple reproducteur, a été découvert au mois d’août hors de notre zone d’étude, dans sa partie nord près de Luynes, par M. Benquet (ONF-13). Il n’a pas été pris en compte pour le Répartition des couples dans la Sainte-Baume en 2010. R.Freze calcul de nos statistiques sur la reproduction. La saison de reproduction s’est avérée assez bonne pour notre région, avec un total de neuf jeunes à l’envol pour les 12 couples qui se sont reproduits. Ces résultats commencent à être plus significatifs et représentatifs de la dynamique de l’espèce dans notre région de Basse- Provence. Quelques faits marquants pour cette année : • un nouveau site a été localisé sur la partie est du massif de l’Étoile (site 12). Il y a eu ponte mais la reproduction a échoué par abandon de l’aire ; • au nord de Signes, où nous suspections la présence d’un couple depuis plusieurs années, un immature cantonné était présent début septembre dans un vallon favorable. Ce qui fait un nouveau couple pour le flanc sud de la Sainte-Baume ; • l’aire du couple nichant à l’extrémité ouest de la chaîne de la Sainte-Baume (site 14) a été trouvée mais la reproduction a échoué (disparition du poussin par prédation probablement) ; • pour le site 7, aucun individu n’a été vu en début de saison. Nous pensions que le site était abandonné définitivement en raison du dérangement causé par les travaux de la nouvelle carrière toute proche. En fait, lors d’une visite début septembre, un immature volait sur le site et semblait bien cantonné. D’après son comportement et les reposoirs utilisés, nous pensons que le couple est revenu nicher sur le secteur cette année et qu’il s’est installé plus au nord, à environ 500 m de l’ancienne aire ; • sur le site 8, le couple est revenu dans son secteur habituel (aire utilisée en 2008) ; • sur le site 5, qui semblait abandonné, un couple s’est reproduit cette année, mais il n’y a pas eu de jeune à l’envol ; • sur le site 10, comme l’an passé, il n’y a pas eu reproduction, mais un couple était présent régulièrement sur le secteur. Nids Altitude du altitude de R = nid (Hn) la crête (Hc) Hn / Hc SO1 580 620 0,94 SO2 500 574 0,87 SO3 476 526 0,90 SO3 477 526 0,91 SO8 410 432 0,95 SO8 388 426 0,91 SO7 485 530 0,92 SO8 417 432 0,97 SO9 364 383 0,95 SO10 587 622 0,94 SO11 316 387 0,82 Position des nids dans la pente. R.Freze La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 7 Position des nids Nous avons déterminé sur huit sites, l’altitude des nids (Hn) et l’altitude de la crête du vallon (Hc) la plus proche du nid. Si on calcule le rapport, R, entre ces altitudes nous obtenons : R = altitude du nid / altitude de la crête = Hn / Hc; Rmin = 0,82; Rmax = 0,97; Rmoyen = 0,92 (avec un écart- type de 0,042) Habituellement la valeur moyenne de ce rapport est plus faible et proche de 0,80. Cela peut s’expliquer par le fait que sur notre zone d’étude les collines où niche le circaète sont peu élevées. Pour avoir les meilleures conditions d’envol, et bénéficier des thermiques, les oiseaux doivent donc installer leur nid plus près de la crête. Perspectives Nous commençons maintenant à avoir une bonne idée de la population sur l’ensemble de la zone d’étude. En fait chaque massif collinéen, suivant son étendu, héberge un ou plusieurs couples, la distance moyenne entre les sites (aires) étant de l’ordre de six à sept km. Pour le versant nord de la zone « Sainte-Baume », la population est maintenant bien connue et seuls trois couples s’y reproduisent régulièrement avec réussite dans des secteurs bien définis. Dans la partie extrême est/sud- est, plus éloignée et difficile d’accès, il y a probablement deux couples dont un, non encore localisé, installé dans un des nombreux vallons qui font face à la plaine de la Roquebrussanne, aux alentours du « Vallon des Cerisiers ». Pour les versants sud et sud- ouest la situation est maintenant plus claire avec sept couples possibles, dont six sont connus actuellement. Pour la partie ouest et nord-ouest, trois couples sont localisés, mais il est probable que cette zone abrite encore un ou deux autres couples. La population potentielle de toute la zone d’étude peut donc être estimée à environ 16/17 couples. Pour l’an prochain notre objectif est de continuer le suivi des couples et des sites connus et d’essayer de localiser les autres couples suspectés. En fait, afin de mieux appréhender la dynamique de cette petite population et d’en effectuer la « veille écologique » nous souhaiterions pouvoir suivre sur plusieurs années une douzaine de couples. Si l’espèce n’est pas en danger pour l’instant, sa productivité n’étant pas très élevée, il faut à tout prix éviter la disparition ou la non-reproduction de couples, suite à des dérangements dus à des activités humaines, comme ce fut le cas cette année. Si l’on souhaite le maintient sur nos massifs Provençaux de la population de cette espèce remarquable et à valeur patrimoniale forte, il est impératif : • que les vallons où se trouvent les aires demeurent calmes et sauvages ; • de ne pas créer de nouvelles voies de pénétration dans ces vallons et à proximité, de minimiser la fréquentation humaine sur les chemins existants et d’y empêcher la circulation d’engins motorisés ; • d’éviter tous travaux forestiers ou d’autre nature à moins de 400 m de l’aire pendant la période de reproduction, soit entre le début mars et la fin août ; • de laisser en zone de vieillissement la végétation dans les vallons où niche l’espèce afin d’y maintenir une bonne densité de grands pins ; • de préserver sur l’ensemble de ces massifs, en dehors des zones strictes de nidification, des milieux semi-ouverts de qualité favorable aux reptiles, grâce notamment à une agriculture extensive en limitant les traitements chimique, des éclaircies forestières, des créations de cultures à gibiers… Proposition de périmètre de quiétude sur un site probablement dérangé en 2010, et sur lequel pèsent de nouveaux facteurs de dérangements : le « Puits de l’Aroumi », restauré en 2010 et qui se trouve à 250 m à vol d’oiseau de l’aire, est de plus en plus fréquenté par des randonneurs et des pratiquants de VTT. Réalisation : R.Freze 8 La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 • Richard Freze, CEEP Sainte-Baume circa13@free.fr Bilan 2010 dans l’Hérault En 2010, 33 sites sont occupés et suivis, dont 32 par l’observateur. C. Bringuier, agent technique à l’ONCFS trouve et contrôle un couple (intégré au suivi) qui produit un jeune. Ce couple avait également produit un jeune à l’envol en 2009 (non comptabilisé dans le bilan précédent) Pour la quinzième année de suivi, les 1 030 visites effectuées se répartissent comme suit: – 251 visites entre le 1er mars et le 30 avril (arrivées sur site, pontes). – 284 visites entre le 1er mai et le 31 juillet (couvaisons et élevages). – 495 visites entre le 1er août et le 7 octobre (envols, séjours, départs). Parmi les 33 couples ou trios, 25 sont des nicheurs de « plaine » (garrigues et limitrophe de vignoble), huit sont des nicheurs « d‘altitude » (Causse du Larzac et tributaires). Globalement chaque année, les premiers pondent dans la première quinzaine d’avril, les seconds dans, la deuxième quinzaine. Cette année il fait beau du 1er au 29 avril inclus. Suite à ce beau temps, toutes les femelles (visibles) d‘altitude couvent déjà au 15 avril. Au contraire, de nombreuses femelles de plaine ne pondent que dans la dernière décade d’avril : trop chaud ? Par la suite, deux périodes de mauvais temps, du 30 avril au 14 mai inclus puis du 8 au 15 juin, ne causent aucun échec, ni en couvaison, ni en période d’élevage des poussins. Quatre échecs constatés ont lieu dans la deuxième quinzaine de mai, alors qu’il fait beau à très beau. Il est probable que de nombreux échecs ont eu lieu à cette période. Finalement, il n’y a « que » 16 jeunes à l’envol. Ceux-ci s’étalent du 1er au 23 août. Les départs en migration, du 18/19 septembre au 6 octobre. Pour 11 des 16 jeunes, les séjours après l’envol sont connus avec précision – de 42 jours pour le moins à 59 pour le plus long. Cette année, ils sont tous compris dans la norme de l’espèce (40 à 60 jours). Mais, comme d’habitude, du fait de la grande variabilité du séjour, les premiers envolés ne sont pas obligatoirement les premiers à partir. Deux exemples: le jeune envolé en premier ne part qu’en 8e position, le jeune envolé huitième ne part qu’en dernière position. Ces deux jeunes étaient voisins et sont les deux seuls qui ont fait un long séjour. Pour le premier, la femelle avait pondu le 2 avril, pour le second le 15 ou 16 avril. Dans l’Hérault, en 15 ans, il n’y a que trois années à faible productivité (50 %) En 2004 et 2009, le mois d’avril pluvieux était la cause de nombreuses absences de reproduction. Cette année 2010, ce n’est pas le mauvais temps qui est la cause des 9 à 12 échecs constatés en couvaison et élevage. Faut-il donc mettre en cause une faible richesse trophique de certains territoires? Paradoxalement, cette année est celle où j’ai vu le plus de reptiles (Colubridés, Timon, Lacera). Depuis une dizaine d’années, il est probable que les canicules à répétition handicapent fortement les circaètes dans la recherche de leurs proies. Je peux dire, sans crainte de me tromper: « Chanceux est le jeune circaète qui mange un serpent par jour dans le mois qui précède l’envol du nid ». A ce même stade, dans les Bouches-du-Rhône, R.Frèze (com.pers) fait le même constat. De 1996 à 2008 (soit 13 ans), les 209 cycles suivis donnent une productivité minimum de 74 à 75 %. Ces deux dernières années, 16 cycles « d’altitude » ne donnent qu’un jeune à l’envol! La productivité totale descend entre 68 % et 69 %. • Jean-Pierre Céret LPO Hérault 1, rue de la Pompe 34800 Ceyras Elevage au sol dans le Limousin Le 9 juillet 2010, en marge du programme Hiepen consacré à l’Aigle botté, une partie de l’équipe (T.Nore, M.Géron, E.Preiss et enfants) se rend sur le site dit « du Belvédère », en Corrèze, dans les gorges de la Dordogne, pour observer une aire de circaète. Cette aire est suivie par T.Nore et P.Cavallin depuis de nombreuses années. Un couple fréquente régulièrement le site et plusieurs jeunes ont pu être bagués. L’espoir de trouver un juvénile au nid est important puisque A. Valade, ornithologue local qui nous accompagne, observe régulièrement les évolutions des adultes dans ce secteur cette année. Ses observations semblent indiquer une activité d’élevage d’un jeune. Le pin ayant abrité l’aire les années précédentes est rapidement trouvé, mais aucune trace de nidification n’est visible. Qui plus est, l’aire n’existe plus. Nous élargissons donc nos recherches aux arbres avoisinants dans l’hypothèse d’un déplacement de l’aire. Les recherches étant infructueuses nous revenons au site initial. C’est en grimpant dans Arbre porteur de l’aire. E.Preiss La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 9 l’arbre pour observer la place de l’aire, que nous pouvons constater qu’elle s’est effondrée dans des fougères en contrebas. L’arbre est situé sur un versant à forte pente. Les restes de l’aire se trouvent à une dizaine de mètres du pied du pin, quelques deux à trois mètres en contrebas. Les fougères ont amorti la chute, et les branchages sont bien assemblés. On y trouve encore des apports verts de pin et de hêtre. En poursuivant nos recherches nous découvrons plus bas, sur un replat, plusieurs coupes rudimentaires à même le sol. Ces coupes sont constituées d’amas de brindilles feuillues de hêtre et de chêne, qui semblent traduire une tentative d’élevage d’un poussin au sol. Et nous finissons par trouver, encore plus bas, le cadavre d’un poussin de circaète en décomposition. Il semble âgé d’un mois environ, d’après son aspect : longueur d’aile voisine de 190 mm. A côté, des apports verts de hêtre, de chêne et de pin sont déposés au sol. Nous n’observons par contre aucun reste alimentaire. L’aire a pu être victime des violents orages qui se sont produits fin juin. Il est probable que le jeune circaète était encore vivant après la chute du nid. Les parents auraient alors fait une tentative d’élevage au sol. Le poussin a peut-être été blessé; de plus les conditions climatiques ont été peu favorables cette année et l’oisillon n’aura donc pas survécu. Il semble cependant que les parents aient poursuivi leur tentative de soins assez longtemps. D’ailleurs la trajectoire du vol décrite par A.Valade semble confirmer un envol des parents depuis le nid à terre plutôt que depuis l’arbre. Le jeune ayant fini par mourir, il est probable que les parents ont continué à apporter des brindilles vertes autour du cadavre. De plus, la femelle nous a survolés, lors de la visite. Cet attachement ne nous a pas surpris, puisque nous avions déjà observé un adulte apportant un serpent au nid dans 10 Emplacement vide de l’aire sur la branche. E.Preiss L’aire tombée au sol. E.Preiss Le cadavre entouré d’apports verts. E.Preiss ce secteur, alors que son poussin n’était plus qu’à l’état de « cadavre humide » (aire du couple voisin de celui-ci). Il nous paraît cependant surprenant que le cadavre n’ait pas été emporté par un carnassier. Ces observations permettent de confirmer le fort attachement des rapaces, et celui des circaètes en particulier, à leur progéniture. Les parents ont tenté nourrissage et soin au sol et assuré certainement une protection contre des La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 prédateurs. Cet attachement au jeune se poursuit même après la mort comme le traduisent les apports verts. • Eric Preiss Le petit Pinier, 17460 VARZAY. avec la collaboration de Thérèse Nore et Jean-Pierre Malafosse. Nidification sur le Vercors ! Il était une fois deux plaines à 1 000 m d’altitude entourées de monts boisés s’élevant de 1 700 à 2 000 m : le Vercors, massif à cheval sur les départements de l’Isère et de la Drôme. Les ornithos du coin pensaient que ce plateau ne servait que de réservoir à casse-croûte pour ce rapace mangeur de serpents. La surprise fût grande…. quand une observation d’un circaète, un serpent au bec, nous amena à deux oiseaux paradant, et occupant ostensiblement un bois mixte de feuillus et de pins sylvestres vers 1 200 m d’altitude. L’équipe de volontaires affronta vent, neige, froid, et ensuite chaleur. Mais quel bonheur, après bien des doutes, d’entendre les cris d’un jeune. L’observation n’était guère facile, impossible de voir l’aire bien cachée aux yeux des humains quel que soit l’angle choisit. Et il n’était pas question de déranger en s’approchant. Le 25 juillet 2010, les cris du jeune circaèton confirment la reproduction. L’équipe s’impatiente : à quand l’envol ? Le 15 août, le jeune déambule maladroitement sur les branches de son arbre natal (l’aire est installée à 15 m du sol sur un pin sylvestre et à 1 150 m d’altitude) mais pas de vol. Enfin, le 1er septembre, notre Zébulon s’élance en rase-mottes au- dessus des arbres. Neuf jours plus tard, il maîtrise le vol plané et battu, mais il reste cantonné Paysage du Vercors. Photo : Alain Herrault dans son vallon, attendant sagement couple a élevé de nouveau et dans la nourriture apportée par ses parents plusieurs la même zone mais sur un autre pin, un jeune avec un envol au 17 fois par jour. La saison s’achève, août. Leur discrétion nous a valu les jours raccourcissent, ce jeune encore des doutes pendant la devrait s’émanciper plus vite ! période de couvaison et d’élevage, La dernière observation du jeune dans le site date du 27 septembre ; discrétion due probablement à la présence de travaux forestiers la veille déjà, les parents n’avaient dans le site. pas été contactés. Il était temps, certains matins le gel était présent. Cette découverte sur le Vercors sera peut-être suivie par d’autres, Vu la date d’envol (fin août), la de forts soupçons sur l’existence ponte a dû s’effectuer fin avril, d’un 2e couple sont à confirmer. début mai, date tardive pour cette La prospection va continuer et je espèce ; il va être intéressant de suivre ce couple les années à venir remercie les Vertacomicoriens qui se sont pris de passion pour ce pour savoir si cette ponte est rapace. exceptionnelle ou habituellement tardive. • Françoise Chevalier En 2011, les circaètes étaient au LPO Isère rendez-vous (accouplements chevalierfrancoise@neuf.fr observés dès le 21 mars). Ce En Saône-et-Loire, l’éolien respecte le circaète En novembre 2010, un article paru dans la presse locale « Le Journal de Saône et Loire » informait d’un projet éolien sur la commune de Verzé (Mâconnais). Cette installation semblait concerner une forêt au sommet d’une colline où le circaète avait nidifié en 2009 et 2010 (au moins). Contact fut aussitôt pris avec le Maire qui confirma nos craintes, tout en s’engageant à respecter la législation en vigueur au cas où cette nidification serait confirmée par le cabinet mandaté par l’installateur pour l’étude d’impact sur la faune sauvage, le compte- rendu d’une première étude effectuée en août 2010 ne faisant pas mention de la présence du circaète. Suite à notre intervention, d’autres visites en notre présence démontrèrent ce que nous savions déjà : le circaète nichait sur un pin au sommet de la colline concernée par l’installation éventuelle des éoliennes (à quelques dizaines de mètres de l’implantation prévue en avril 2011 du mât de mesure de la force et de la vitesse du vent) et chassait principalement en zone sud et est du massif. Après la dernière visite du cabinet EXEN début avril, nous apprenons dans la foulée par leur représentant l’abandon du projet. Confirmation nous est donnée par le Maire de Verzé puis le 29 mai 2011 par voie de presse. Dommage pour l’énergie renouvelable mais tant mieux pour le circaète qui cette année encore a entamé une nouvelle nidification que nous souhaitons couronnée de succès, tant mieux aussi pour la biodiversité bien mal en point dans notre région. Il est à noter l’attitude exemplaire du Maire de Verzé dans cette affaire. Son accueil, l’attention qu’il porta à notre démarche, le « fair-play » qui fut le sien malgré la déception bien compréhensible (liée aux finances de sa commune) est à saluer. Qu’il en soit remercié. • Michèle Giraud Robert Masson Montée Claude Pain 71960 Ige La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 11 Bec-grêle et Orteil-court Le puffin à bec grêle Puffinus tenuirostris est un procellaridé de 500 grammes qui hante principalement le Pacifique nord. Il niche en Tasmanie et sur les côtes méridionales de l’Australie. Les 160 colonies connues regroupent quelques 23 millions d’oiseaux. Très exploité dans le passé, les muttonbirds faisaient encore au début des années 1990 l’objet de prélèvements importants : 600 000 jeunes étaient ainsi collectés annuellement pour leurs plumes et leur duvet (sac de couchage), leur graisse (complément alimentaire pour le bétail) et leur huile (industrie pharmaceutique). Parler de puffin dans un bulletin circaète,… mais quelle idée! En fait, malgré les apparences, Bec-grêle et Orteil-court (Les Anglo-saxons nomment Short- toed Snake Eagle notre circaète, c’est-à-dire : Aigle des serpents à orteils courts).partagent de nombreux points communs. Suite aux travaux de R. Wooller et S. Bradley, le mating system (= régime d’appariement) du puffin à bec grêle est bien connu. Pourquoi ne pas regarder le régime d’appariement de cette espèce pour mieux analyser, ouvrir des pistes de recherche et émettre des hypothèses sur celui du circaète ? Les ressemblances nous autorisent ce rapprochement pour le moins curieux. Quelles ressemblances ? Les deux oiseaux ont une longévité importante. Généralement, leur reproduction commence tardivement. Ils sont monogames ; les trios sont rares. La reproduction les occupe à peu près la moitié de l’année. Un seul œuf est produit. Les pontes de remplacement sont très rares. Les pontes sont synchrones et le taux de réussite varie d’une année à l’autre. Puffin et circaète montrent une grande fidélité au site de nidification. Entre deux 12 – cycles de reproduction, de longs déplacements sont entrepris. Les partenaires se perdent de vue hors saison de reproduction. Enfin, une phase d’exploration du site de trois à quatre semaines précède la ponte. Puffin à bec grêle. J-J. Harrison (wikipedia) Evidemment, les ressemblances ne sauraient être parfaites. diminue avec l’âge. Dans une Par exemple, la synchronisation population, il est deux fois plus des pontes chez le circaète n’est pas aussi rigoureuse que chez important si l’année précédente le puffin. Les déplacements post s’est soldée par un échec reproduction du puffin sont de reproductif. l’errance et non des mouvements migratoires. La perte de contact Fidélité et reproduction : des partenaires hors saison l’expérience que possède chaque de reproduction est encore individu dans l’élevage du jeune hypothétique chez le circaète etc. joue plus que la familiarité avec Quoi qu’il en soit, on ne peut nier le partenaire sur le taux de le rapprochement. réussite. Les leçons de Bec-grêle A plus d’un titre, l’article de Wooller et Bardley : Monogamy in a long-lived seabird : the Short-tailed Shearwater, mérite l’attention du gallicophile. Les résultats et conclusions obtenus par ces auteurs pourraient être valables pour lecircaète tant les points communs au niveau de la biologie des deux espèces sont nombreux. Que nous apprend le puffin ? Lien de couple : 50 % des individus ont un seul partenaire au cours de leur carrière sexuelle. En moyenne, chaque individu en a deux (sept au maximum). Changement de partenaire : d’une année à l’autre, trois individus sur quatre se remettent avec le même partenaire. Le taux de changement dû à la mort du conjoint varie avec l’âge du survivant : important en début de carrière sexuelle, il baisse en milieu de carrière et augmente vers la fin. Le taux de divorce individuel, très bas (7 ‰), La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 Caractéristiques du partenaire et reproduction : 60 % des couples sont composés d’oiseaux ayant deux ans ou moins de différence d’âge. La reproduction atteint l’efficacité maximale quand les conjoints sont tous deux middle-aged. Plus les oiseaux sont âgés, plus le taux de réussite est bon. Ce succès n’est cependant lié directement à l’âge mais à l’expérience que les oiseaux ont en la matière. En ce qui concerne le modèle d’appariement, Wooller et Bradley pensent que la monogamie est imposée par les circonstances, et non comme le résultat d’un choix délibéré car la fenêtre temporelle de sélection du partenaire est étroite. Elle est également imposée par la fidélité au site (attachement commun à un même lieu). En terme de taux de reproduction, il est plus bénéfique pour un individu de rester avec le même partenaire (expérience partagée) plutôt que d’en chercher un autre, hypothétiquement à forte expérience reproductive. Des recherches utopiques ? Il serait intéressant de voir si toutes ces observations sont effectives chez le circaète. Des données fragmentaires collectées au gré de nos observations tendent à le confirmer, au moins partiellement. Dans le but d’obtenir une réponse précise, il faudrait se livrer à un suivi rigoureux et cadré, basé sur l’identification individuelle. A cet effet, même si l’examen des motifs des plumages permet de reconnaître certains individus, la seule méthode efficace serait le bagage de couleur de tous les adultes d’une population déterminée. Capturer des centaines de puffins à la sortie de leurs terriers est une chose, attraper 30 ou 40 circaètes sans leur porter atteinte en est une autre. Bibliographie Wooller, R. et Bardley, S. (1996). Monogamy in a long- lived seabird : the Short-tailed Shearwater. In: Partnerships in Birds – The study of Monogamy, p: 223-234. Edited by J. M. Black. Oxford University Press. Carboneras, C. (1992). Family Procellariidae (Petrels and Shaerwaters). In: Handbook of the Birds of the World. Vol. 1, p: 229 & 254. Edited by Del Hoyo & al. Lynx Edicions. • Bernard Joubert bern.circa43@orange.fr Stratégie de prédation du circaète Le circaète est un prédateur spécialiste. Dans le dernier Rapaces de France, B. Joubert se penche sur son mode d’approvisionnement et interroge les modèles définis en écologie comportementale. Entre sélection optimale de la proie et exploitation optimale des parcelles, la stratégie de recherche alimentaire se comprend à la lumière des observations de terrains que B.Joubert tente de décrypter. Pour recevoir ce numéro 13, contacter le service abonnements à Rochefort (05 46 82 12 41). Notes sur les comportements observés dans l’Hérault Absence de la femelle en mars-avril ne veut pas dire obligatoirement disparition Début juillet 2008, lors du contrôle d’un site, la femelle était au nid avec à son bec, un serpent à moitié mangé. Elle regardait le poussin, inerte, mort depuis peu. (Probablement de maladie). Sur le site voisin qui nous intéresse ici, le poussin du même âge était bien vivant, la femelle à ses côtés. A la visite suivante, il n’y avait plus rien au nid… Sur ce même site, en mars – avril 2009, le mâle était seul. J’attribuai alors l’échec précédent à la disparition de la femelle (Voir « Plume du Circaète n°8 »: Circaètes adultes solitaires, site T, page 16). Dans ce même numéro, J-P. Malafosse parle d’une femelle qui déserte le site et est revue ailleurs quelques années plus tard (Voir: Suivi individualisé, l’oiseau réobservé pages 3 et 4). Dans l’Hérault, en 15 ans et 278 sites contrôlés, il est arrivé sept fois que l’observateur ne voie qu’un seul oiseau sur un site. Dans quatre cas, la présence d’un seul individu est certaine. A chaque fois, c’est la femelle qui est absente. Par deux fois, il y a remplacement de la femelle par une autre, avec absence de reproduction pendant trois ans sur un site, et nidification avec réussite sur l’autre site, dès l’année suivante. Pour les deux autres fois, la femelle originelle niche l’année suivante… En mars 2010, un couple était présent. L’observation de cette femelle prouvait sans ambiguïté (même sans bague) que c’était la même que les années antérieures à 2009 (plumage et surtout comportement avec le mâle, habitudes, même perchoirs utilisés). Cette année, il y a eu reproduction. L’échec constaté en 2008 n’avait donc pas pour origine la disparition de la femelle, mais probablement la mort du poussin par maladie (comme le voisin)… Dans le cas relaté ci-dessus, il n’y a que trois éventualités possibles (pour expliquer son absence en 2009): 1-La femelle est arrivée trop tard (en mai ?) et le couple n’a pas niché. 2-La femelle est allée voir ailleurs (en 2009) puis est revenue sur le site l’année suivante. 3-La femelle a fait l’impasse sur la migration de retour. La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 13 Apport, capture (à domicile), message secret 12 avril 2010 Cette femelle couve depuis peu. Je ne vois que sa tête. A 12h45, le mâle apparaît par le versant opposé, sur la crête. Rasant la cime des arbres, à peine visible, il glisse jusqu’au nid. La femelle se dresse, accueille le mâle qui lui livre une proie. Il repart discrètement. A quelques dizaines de mètres à la gauche de l’arbre du nid, il fait du stationnaire et aussitôt se laisse tomber au sol dans un talus herbeux. Ailes déployées, il frappe quelque chose avec les serres, puis fait un grand saut et retombe un mètre plus loin. Il repart au nid une proie dans les serres (sans doute un anoure) qu’il livre à la femelle. Il s’envole toujours aussi discrètement et va se poser sur la grosse branche horizontale du beau chêne blanc qui sert de perchoir nocturne avant la ponte… A 12h55, la femelle quitte le nid et vient se percher à côté du mâle. Puis, elle dresse les ailes verticalement. Aussitôt, le mâle part au nid et se couche sur l’œuf… puis se redresse et reste debout. A 12h57, la femelle s’envole et va au nid. Le mâle toujours debout, lui cède la place et va se brancher sur un arbre sec qui sert également de perchoir nocturne…Secrets instants de vie ! Circaète…poule ! Le 14 août 2009, je trouve ce jeune envolé depuis peu. Il est posé dans l’éboulis, sous le nid. Le lendemain, je le visite comme tous les jeunes après l’envol, derniers instants de grande vulnérabilité. A 14h, je ne vois le jeune nulle part dans le vallon, ni sur le nid, ni sur les rochers, ni sur aucun arbre. Aucun cri plaintif ne trahit sa présence…Dans la pente qui fait face à l’arbre du nid, il y a un beau piton rocheux blanchi où se posent les circaètes et les grand-ducs l’hiver. Derrière le piton, entre les chênes verts, un minuscule couloir herbeux où, enfin, à 15h05 je trouve le jeune. Avec les serres, comme une poule, il fait place nette, se prépare une cuvette. Avec le bec, il coupe les brindilles qui le gène, puis se couche. Dans un premier temps, je ne vois que sa tête. Puis il disparaît à ma vue, complètement couché dans l’herbe, au pied du chêne vert. Et surtout, à l’ombre, à l’abri de la canicule. Quelques années plus tôt sur un autre site, le jeune était envolé depuis plusieurs jours. Lors de ce contrôle, ce n’est qu’au bout de deux heures que je le trouvai. Il était couché au sol dans une belle cuvette de feuilles mortes, entre deux chênes verts, proche de l’arbre du nid…Mais là, je le voyais entièrement. Ce jour là ce n’était pas la canicule qui indisposait le jeune, mais le grand vent… Jeune circaète appelant ses parents . Photo : R.Freze 14 La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 Circaète et grand-duc Le 2 juin 2000, je contrôle ce petit vallon où niche irrégulièrement le grand-duc. Les aires sont rive droite, en amont, sur des petits rochers. Un circaète immature vole sur le site et se pose, face à moi, sur un petit piton à la jonction des deux rives, en amont. Il est 20 heures. L’aire visible du grand- duc est inoccupée. Je cherche et trouve le grand-duc à son gîte diurne, rive gauche, en aval. Il est couché sur la crête de la barre rocheuse, dans une niche sous des chênes kermès. A 21h25, le circaète s’envole et pénètre dans un pin, rive gauche, en amont. Il repart un rameau au bec qu’il laisse tomber en vol et vient se poser à la cime d’un gros pin, en aval, entre moi et le grand-duc, face à celui-ci… «grosse tête de chouette hérissée qui me tourne le dos et semble toiser le grand- duc du regard ». Il est évident, que posé sur le piton, le circaète voyait déjà le grand-duc bien avant moi. Recharges du nid malgré la neige Le 22 mars 2007 est le jour de ma première visite de l’année à ce couple. A 16h30, les deux oiseaux sont posés dans le thalweg, à l’abri du grand vent. Il fait à peine 10°C. En quelques minutes, le grand vent d’Ouest amène des rafales de neige sibérienne. Véritable rideau de gros flocons qui voile la pente. C’est le moment que choisissent les deux circaètes pour recharger activement le nid. A tour de rôle, ensemble, ils font de nombreux aller-retour -« thalweg- nid »- s’arrêtent, m’observent, reprennent les « recharges »… A 17h, je les quitte. Ils sont debout sur le nid, face à face, bec à bec…indifférents à la neige qui continue de tomber… Premier cas avéré de disparition d’un adulte en période de reproduction Ce couple est le plus proche de mon domicile. En mars-avril, je le visite tous les jours. Ainsi je connais les dates d’arrivée du mâle et de la femelle. Cette année 2010 (15e année de suivi), le mâle arrive le 15 mars, la femelle seulement le 29 mars. Le 11 avril, en fin de journée, un intrus se pose dans le vallon. Le mâle tente de le faire partir, mais l’intrus ne bouge pas. Le mâle rejoint sa femelle posée près du nid. Par la suite, je ne revois plus l’intrus. Jusqu’au matin du 14 avril, le couple est présent dans le vallon. Les 15, 16 et 17 avril, au petit matin, le couple n’est plus visible. La femelle a donc débuté l’incubation dans la journée du 14 avril. Le 19 avril, à 12h30, un aigle royal adulte non cantonné vole au dessus d’où la femelle couve et quitte le site. Craignant le pire, je ne vais pas sur le site (au plus près). A ce stade, il y en a pour deux mois et demi de grande discrétion. Cependant je ne vois plus jamais rien, relais, apport du mâle, etc. Au matin du 14 juin, le mâle est posé dans le vallon, inactif… le pire est donc arrivé. Quelques jours plus tard, par grosse canicule, je montais dans le vallon. Au pied de l’arbre du nid, dans les houx, gisait la dépouille de la femelle. Ces dernières années (de mémoire) elle arrivait de plus en plus tard…a-t-elle péri de vieillesse ? De maladie ? Ou a-t- elle été victime de l’aigle royal ? Pour cette femelle (celle que je connaissais le mieux) 2010 fut au minimum la 29e migration…la dernière ! Première Observation reproduction ? émouvante Dans la « Plume du Circaète n°8 », Le 16 août 2007, je visite ce je relatai les péripéties survenues vallon où je soupçonne la dans la vie de ce couple (voir Un nidification d’un couple de circaète peut-il en tuer un autre ? circaète. Sur la barre rocheuse est pages 14 et 15 et Circaètes posée une femelle qui s’envole. adultes solitaires, page16). En Dans le prolongement de la mars – avril 2009, le mâle était barre, sur la vire, il y a un chêne seul. Plus tard dans la saison, vert où les nombreuses fientes une jeune femelle était présente trahissent l’élevage d’un jeune au dans le site. Je pensai alors à la nid et l’emplacement de celui-ci. reconstitution d’un couple. Mais il n’y a rien au nid, ni dans Le 19 mars 2010, le couple est le vallon. Il s’est donc passé revenu. Au petit matin du 5 avril, quelque chose. je trouve la femelle posée à la Le lendemain sur les lieux, je cime d’un chêne vert, en plein trouve la dépouille desséchée du soleil, très bas dans la pente, gros jeune, au pied de l’arbre, sur endroit inhabituel, où n’allait la vire à trois mètres du nid. Sur jamais la femelle précédente. cette grosse branche horizontale Le mâle, posé à côté d’elle, la qui domine le vide, malgré un regarde fixement. Par deux fois, il beau support, les circaètes on s’envole et revient à ses côtés, un fait un petit nid dont il ne reste rameau au bec, puis part vers la plus rien. Aussitôt, j’entreprends pente cachée où finalement, elle la construction d’un gros nid va, invisible. Le mâle quitte alors dans lequel le couple élèvera le site. Par la suite je ne reviens deux jeunes les deux années que deux fois sur ce site d’accès suivantes. difficile, très protégé par un dense Alors que je construis le nid, la maquis ; mais je ne vois rien. De femelle arrive dans le vallon un retour le 8 août, il me semble serpent au bec, vole à quelques entendre les cris d’un jeune au dizaines de mètres devant moi et nid…Le 13, nulle trace d’un jeune appelle le jeune « yuo-yuo-yuo». envolé. Le 18 août, à 12h45, je Elle ne peut pas ne pas avoir vu trouve le jeune envolé, posé à la la dépouille de son jeune… cime du seul chêne blanc de la pente. Enfin la vie…après quatre longues années d’attente. Et, pour cette femelle, peut-être un premier jeune. Circaète femelle adulte dans les Bouches-du-Rhône. R.Freze La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 15 Quand le jeune force Refus de la proie Tensions l’adulte à régurgiter… par le jeune dans le couple 29 septembre 2010 30 juin 2010 : A 12h50, le jeune est posé sur Il est 7h25 du matin. Le mâle est un petit pin du promontoire branché au perchoir nocturne, à 700 m du sud du vallon du en plein soleil : il paresse. Sur le nid. Il s’envole, orbe et rejoint gros nid, la femelle me masque le un circaète migrateur qui part jeune déjà grand et âgé d’environ sud-ouest, le suit un moment, 40 jours. Incliné en position puis revient vers un deuxième horizontale, elle fixe le mâle avec migrateur qui suit le premier. insistance. Je devine ce qui va Puis, il part nord-est et rejoint un se passer : effectivement, elle circaète qui chasse. Reconnaissant s’envole et fonce vers le mâle, un adulte, il se met à crier qui, la voyant arriver, s’envole. Klui-Klui-Klui, quémandant Poursuivi, le mâle remonte le en vol -ailes arquées- mais vallon en amont puis part rive l’adulte continue de chasser, droite où se trouve le nid. Amusé, imperturbable. Le jeune entame j’observe le jeune dressé sur le alors de nombreux glissés aller- rebord du nid qui voit passer retour, « adulte – vallon du son père poursuivi par sa mère, nid – adulte » en criant. Il décrit devant la fenêtre du nid. La de nombreuses spirales, ailes femelle poursuit le mâle sur 500 arquées, qui l’amène dans le ou 600 m et celui-ci se pose sur vallon du nid, perdant à chaque la belle falaise occupée par le fois de l’altitude. Enfin, l’adulte grand-duc. Elle revient vers le vient très haut dans le site. Le site puis rebrousse chemin et voyant venir, le jeune bascule et fait s’envoler le mâle qui part sur se pose à un petit piton rocheux le plateau boisé où il se pose prêt à l’accueillir. Finalement, à beaucoup plus loin, sur un chêne 13h30, devant son insistance, vert. Elle regagne le site et se après un immense piqué, l’adulte pose sur un chêne vert, juste le rejoint et lui régurgite une ou derrière l’arbre où est le nid. La plusieurs petites proies… Ce jeune voyant revenir, le jeune fait des circaète avait faim ! grands sauts sur le nid, ailes déployées. Quelques jours plus tôt, sur un autre site, le mâle volait mais ne partait pas chasser (la veille, il avait livré une couleuvre de Montpellier mâle de plus d’un mètre de long) : la femelle quittait le poussin, rejoignait le mâle en criant puis les deux oiseaux s’attrapaient quelques secondes par les serres. Le mâle quittait alors le site et la femelle retournait au nid. Circaète adulte avec une verte-et- jaune dans le Cantal. Photo : R.Riols 16 Cette année 2010, ce couple niche sur un petit pin isolé de cinq mètres de haut. Le 1er août, à 14h35, le jeune n’est plus au nid, mais je ne le vois pas dans cette vaste combe à kermès presque dépourvue d’arbres. Je crains le pire… La femelle arrive un serpent au bec, se pose sur un petit muret à vingt mètres à gauche de l’arbre du nid et comme moi, quelques minutes plus tôt, cherche le jeune. Elle s’envole en aval, revient vers l’amont et se pose rive droite sur un gros muret. Toujours rien. Puis elle repart et se pose au sol quelques mètres sous le muret, invisible, derrière un kermès. Elle revient sur le muret, le serpent toujours au bec, puis quitte le site : je suis persuadé que je vais trouver la dépouille du jeune derrière le kermès. Je vais sur les lieux et, à cet endroit, le jeune s’envole devant mes pieds. Il va se poser à la cime d’un des rares arbres du vallon : ce jeune ne s’est manifesté ni à la vue de sa mère volant avec le serpent, ni lorsqu’elle s’est posée à côté de lui et de plus, a refusé la proie… Sur ce site, c’était le jour de l’envol. Le 28 septembre 2010, sur un autre site : le jeune en est au 36e jour d’envol. Il n’est pas dans le vallon du nid. Je sais pat habitude qu’il est dans la combe voisine, caché. A 12h25, un adulte arrive un serpent au bec et se pose au sol à côté de l’arbre du nid. Ne voyant pas le jeune, il s’envole et part vers la combe voisine. Le voyant arriver, le jeune s’envole et orbe avec l’adulte mais ne manifeste pas (par des cris). L’adulte part sur le plateau, avalant le serpent tout en volant : je l’observe chasser. A son deuxième vol stationnaire, déjà, il bascule vers le sol, tête la première…fantastique bombardier…le jeune revient voler dans le vallon du nid. Ces deux jeunes circaètes avaient le ventre plein. La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 • Jean-Pierre Céret LPO Hérault 1, rue de la Pompe 34800 Ceyras Menaces Lot : un circaète mis en péril par des pèlerins Le 18 mai 2011, alertés par des cris d’alarmes d’oiseaux, deux habitants d’Albas (Lot) assistent depuis leur terrasse qui surplombe le Lot à une véritable attaque aérienne : un grand rapace au ventre blanc survole paisiblement la rivière quand deux faucons pèlerins fondent sur lui en poussant des cris perçants. Ils montent haut dans le ciel et, à tour de rôle, attaquent en piqué à plusieurs reprises ce grand oiseau, identifié dans un premier temps comme un balbuzard pêcheur. Défendant sans doute leur territoire (une observation attentive de la falaise permettra de découvrir un jeune faucon pèlerin, prêt à l’envol), l’un des deux faucons finit par heurter en plein vol le grand rapace qui, assommé, tombe en vrille dans la rivière. Il flotte à la surface et dérive au fil du courant, ses grandes ailes déployées, la tête chancelante mais le bec hors de l’eau. Notre observateur met son canoë à l’eau et parvient à récupérer le malheureux naufragé qui, bien qu’étourdi, est encore vivant. Enveloppé tant bien que mal dans une serpillière, il est ramené à la maison et mis à l’abri, au calme, sous un grand carton. Sauvé des eaux, il sera baptisé « Noé ». Ne sachant pas que faire de cet oiseau blessé, après s’être adressé à la Mairie (en vain) puis à une clinique vétérinaire qui déclarera « ne pas avoir de compétences pour les oiseaux sauvages… » notre ornithologue-sauveteur entreprend des recherches sur Internet. Il arrive finalement sur le site du « Rocher des Aigles » de Rocamadour qui lui communique les coordonnées de l’O.N.C.F.S. 46. Dépêché sur place, un agent de l’Environnement récupère l’oiseau qui s’avère être un circaète. L’oiseau est blessé à la tête mais semble encore en bon état à en juger par le coup de bec puissant donné sur le gant en cuir qui le saisit pour le changer de carton. Acheminé sans délai vers le centre de soins de la faune sauvage de Rocamadour, l’oiseau blessé sera ensuite soigné à Toulouse par un vétérinaire spécialisé. Vite rétabli, après une vérification de son aptitude au vol en volière de pré-lâcher à Rocamadour, « Noé » sera relâché une semaine plus tard au-dessus de la vallée du Lot, pas trop loin de son point de capture mais pas trop près non plus pour ne pas risquer une nouvelle attaque des pèlerins. Le mercredi 25 mai, à 10 h, il retrouve la liberté. Il vole depuis quelques minutes seulement au- dessus de la vallée du Lot quand, depuis la colline boisée située en contre-bas, deux autres circaètes s’envolent à leur tour. Cela ne fait aucun doute, ils ont aperçu l’intrus et tentent de le rattraper, mais « Noé » est déjà plus haut dans le ciel que ses poursuivants et change de direction sans doute vers d’autres cieux … Dans son « malheur », cet oiseau, a eu beaucoup de chance. Attaqué par des pèlerins, il est tombé dans l’eau, sous les yeux d’un observateur bienveillant envers les rapaces, qui disposait d’une embarcation, assez déterminé pour aller le récupérer au milieu du Lot et suffisamment tenace dans ses recherches pour trouver le bon interlocuteur pour une prise en charge adaptée. • Jean-Pierre Boudet Jean-Christophe Boisguerin ONCFS 46 sd46@oncfs.gouv.fr Relâcher du circaète fin mai au-dessus de la vallée du Lot. Photo : P.Brousset La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 17 Pathologie d’un jeune à l’envol dans le Lot En 2009, sur un site où le couple menait un jeune à l’envol depuis la 8e année consécutive sur la même aire, le suivi à distance semblait montrer que l’élevage du jeune se déroulait normalement. Le 22 juillet le jeune était encore bien visible sur le nid. Les 14 et 15 août, l’aire semblait déserte et le jeune n’était visible ni en vol ni perché. Le 24 août après quatre heures d’observations toujours infructueuses, je me suis décidé à aller voir de plus près. Il n’y avait effectivement plus rien sur l’aire et c’est en revenant, à environ 120 mètres en contre haut, que j’ai trouvé par pur hasard le jeune au sol à coté d’une couleuvre verte et jaune sentant mauvais et déjà un peu raide. Des amis (producteurs de la cuvée Jean-le-Blanc !) sont appelés à la rescousse pour apporter un carton et l’ONCFS transfère l’oiseau au Rocher des Aigles à Rocamadour. Les vétérinaires du centre décèlent l’absence d’un ongle et une blessure au bec. La jeune circaète est rachitique et anormalement petite, et a eu des problèmes de podagre. Elle n’a malheureusement pas pu retrouver la liberté. • Nicolas Savine be.savine@wanadoo.fr Un circaète plombé dans le Tarn… Le 19 septembre 2010, à Lavaur (Tarn), un promeneur découvre un rapace blessé. La clinique des oiseaux de Toulouse récupère cette femelle circaète, atteinte par du plomb de chasse. Là il est mis en cage de façon à bloquer le déploiement de ses longues ailes et ainsi faciliter la soudure. Au cours de l’hiver, le circaète rejoint le centre de soins Alca Torda, situé dans les Landes, où il peut déployer ses ailes dans de grandes volières. Une phase indispensable pour reconstituer le plumage de sa queue mis à mal par la première phase des soins, en cage étroite. C’est depuis le roc d’Anglars, qui domine les gorges de l’Aveyron, que cette femelle circaète, baguée, a retrouvé sa liberté le 21 juillet 2011. Pour son retour à la liberté, autour du docteur J-Y. Jouglar de la clinique des oiseaux de l’école vétérinaire de Toulouse, se trouvaient des membres du centre de soins Alca Torda, le directeur et le secrétaire général de la fédération des chasseurs des Landes, le président des J. Pensu du centre Alca Torda relâche le circaète au chasseurs tarn- Roc d’Anglars. Photo : Depêche du Midi. et-garonnais, des fonctionnaires de la DDT présidents des fédérations 82 et de l’office national de la départementales de chasse du chasse et de la faune sauvage… Tarn-et-Garonne et des Landes. sans oublier le maire de Saint- Antonin. • Source : La Dépêche du midi « Un type qui tire sur un tel 22/07/2011 oiseau n’est pas des nôtres », ont clamé de concert à Saint- Antonin-Noble-Val (82), les …et un autre en Camargue Dans les Bouches-du-Rhône, début novembre 2010, un circaète qui était en train de se noyer dans les roseaux est récupéré, à l’embouchure de l’Arc à Berre, par A. et J-C. Bourgault, pêcheurs professionnels sur l’Etang. Ils constatent rapidement que l’œil gauche du rapace est crevé, suite à un tir de fusil. Ils l’ont attrapé avec une épuisette, puis l’ont séché et nourri : en 10 jours il retrouve la forme. Le circaète 18 à l’état sauvage se nourrit de reptiles uniquement. Aline et Jean-Claude l’ont nourri avec des filets de poissons : à le voir engloutir avec volupté cette nourriture, les « Darwin » de la LPO vont avoir encore du boulot ! Chose surprenante également : le calme et la docilité de ce circaète sauvage quand Aline ou Jean-Claude le nourrissent. Le circaète a été conduit à la réserve ornithologique de Pont de Gau La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 aux Saintes-Maries-de-la-Mer. La même année, en avril, à Berre également, un autre circaète s’est cassé une aile en heurtant une ligne électrique : il a été opéré (broche) et soigné avec succès à Pont de Gau avant d’être relâché en avril 2011. • René Coste rene.coste4@wanadoo.fr http://infos.etangdeberre.free.fr/ actions/pdf2010/circaete-blesse.pdf International A propos de l’estivage des jeunes circaètes L’article qui suit est le résumé (2011) – Bird Study. Mission Rapaces. d’une étude parue en juillet Un grand merci à Beatriz Yanez Si vous avez connaissance 2011 dans Bird Study : Vega pour la transmission de d’articles realtifs au circaète, Summer staging areas of cet article et à Bernard Joubert n’hésitez pas à en faire part au non-breeding Short-toed pour la traduction résumée. réseau. Merci d’avance. Snakes Eagles Circaetus L’article intégral, en anglais, gallicus. Mellone, U. & al. est disponible auprès de la LPO Malgré la présence de quelques stratégie de conservation qui préférant se cantonner dans des individus en printemps-été sur permettrait un taux élevé de régions à peuplement faible. Pour les zones de reproduction, on survie des immatures en évitant les auteurs, cela expliquerait les admettait qu’avant de revenir en les compétitions intraspécifiques comportements différents notés Europe, les circaètes immatures avec des adultes nicheurs. chez d’autres immatures (retour restaient une ou plusieurs années Les jeunes, encore incapables dès la seconde année calendaire dans la zone d’hivernage au sud de se reproduire, ne seraient en zone de reproduction), ceux du Sahara. pas motivés pour revenir en originaires d’Italie notamment. Le suivi des mouvements de Europe. Ils stationneraient dans En outre, s’abstenir de franchir plusieurs jeunes, porteurs le Maghreb, où la compétition le détroit de Gibraltar limiterait d’émetteurs satellitaires, fait état alimentaire est plus faible que chez les oiseaux espagnols une d’une situation plus complexe. sur les quartiers de reproduction, dépense d’énergie. Neuf circaètes nés dans le sud de et où les proies sont plus l’Espagne (provinces d’Alicante et abondantes. Les immatures de Cadiz) ont ainsi été équipés éviteraient donc de rentrer en juste avant l’envol. L’estivage de Espagne, zone à forte densité, cinq individus dans leur deuxième année calendaire a été suivi, ainsi que deux estivages consécutifs d’un sixième oiseau (2e et 3e année). L’étude révèle qu’aucun immature n’est retourné en Europe. Tous ont estivé en Afrique du nord, au Nord-est du Maroc et au Nord de l’Algérie, chacun dans un, deux ou trois lieux différents. Au sein des secteurs occupés dont l’étendue moyenne était de 5150 km2, les oiseaux ont effectué des déplacements moyens de 13- 14 km. La distance entre deux zones d’estivage fréquentées par un même individu était comprise entre 80 et 540 km. Celui suivi deux années consécutives n’a pas gagné la même zone. La période d’estivage a été de quatre à six mois. Début septembre, les oiseaux repartaient au sud du Sahara. Les auteurs interprètent l’estivage en Afrique du nord comme une • Bernard Joubert bern.circa43@orange.fr sexe région de nais- année de site sance naissance d’hivernage 1 Alicante M 2010 2010 2 3 Alicante F 2009 2009 4 5 Alicante F 2010 6 2010 7 M Cadiz 2010 2010 8 M Cadiz 2010 2010 9 10 F Cadiz 2010 2010 11 période et durée (jours) territoire (km2) 17 mai-2 juin (17) 148,2 24 juin-3 septembre (72) 2860,8 20 mai-10 septembre (113) 85,6 18 mai-6 octobre (135) 639,6 7 avril-21 mai (44) 24127,4 5-27 juin (22) 4058 4 juillet-5 octobre (93) 20689,6 27 avril-9 septembre (136) 560,5 15 mai-14 août (91) 395,4 26 avril-18 mai (23) 1263,2 20 mai-25 juin (36) 1855,1 Suivi des sept hivernages de six circaètes espagnols. Source : Bird Study La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 19 Découverte en Espagne d’un dortoir de circaètes First record of a communal roost of Short-toed Eagles Circaetus gallicus. Munoz, A-R. & al. (2010). Ibis (2010), 152, 173–175 Les populations occidentales de circaète hivernent au Sahel et dans la savane sub-saharienne. Depuis une dizaine d’années, quelques individus hivernent régulièrement dans le sud de l’Espagne. L’espèce est solitaire, des groupes pouvant cependant être observés pendant les migrations ( jusqu’à 37 individus dans le sud de l’Espagne). C’est dans le détroit de Gibraltar que l’on trouve les plus fortes concentrations de circaètes. Un dortoir a été observé pour la première fois au printemps 2009, dans une petite vallée abritée du parc naturel del Estrecho près de Cadix, à 5,5 km de la côte. Dans les nuits du 17 au 19 mars 2009, ce sont 24 puis 139 circaètes qui ont été dénombrés dans ce dortoir. Les oiseaux étaient perchés à seulement un ou deux mètres de distance les uns des autres, sur des oliviers sauvages, avec un maximum de sept individus sur un chêne-liège mort. Aucun comportement agressif n’a été observé. Au matin, les oiseaux ont quitté le dortoir entre 6h00 ( juste après le lever du soleil) et 8h. Le 20 mars tous étaient partis sauf un couple nicheur. Les mauvaises conditions météo (fort vent d’est et pluie du 13 au 19 mars) ont sans doute poussé les circaètes à se rassembler dans cette vallée bien protégée du vent. Ce dernier a commencé à faiblir le 19, permettant la poursuite de la migration. La météo joue un rôle crucial dans la progression des migrations : de plusieurs centaines de kilomètres par jour dans de bonnes conditions, l’avancée peut se réduire à moins de 20 km par mauvais temps. Par vent modéré, les circaètes traversent le détroit et continuent leur migration au- dessus des terres sans se poser. Lors de l’observation, les oiseaux avaient été déviés vers l’ouest. C’est dans cette zone qu’ils ont choisi un lieu où se poser. Les circaètes semblent s’être délibérément regroupés car de très nombreux arbres étaient vacants. En dépit du manque de données, il est probable que tous les rapaces migrateurs forment occasionnellement des dortoirs. Ces rassemblements ont peut- être une fonction sociale, même chez une espèce solitaire comme le circaète. Juste avant la nidification, ils pourraient favoriser la formation de couples et le brassage de différentes populations. Les conditions météorologiques au détroit de Gibraltar sont souvent mauvaises, forçant les migrateurs à s’arrêter. L’identification et la protection des aires où les migrateurs se rassemblent pourraient donc jouer un rôle important dans la protection des espèces migratrices. • Source : Ibis (2010), 152, 173–175 • Traduction : Laure Bentze lab4@noos.fr Découverte d’un circaète en Allemagne Un circaète d’un an a été trouvé mort le 15 septembre 2008 en Sarre par B. Konrad à Wadern Morschholz. Cet individu a été naturalisé. Il s’agit de la première mention de l’espèce en Sarre depuis 100 ans. L’oiseau sera exposé dans le Centre de documentation à Landsweiler-Reden • Christophe Braunberger SAARLAND c.braunberger@lua.saarland. de Jeune circaète trouvé en Allemagne et naturalisé. Photo : SAARLAND 20 La plume du circaète n°9 – LPO Mission Rapaces – Novembre 2011 La plume du circaète Bulletin réalisé et édité par la Mission Rapaces de la LPO LPO Mission Rapaces Tel : 01 53 58 58 38 62 rue Bargue, 75015 Paris rapaces@lpo.fr: Réalisation et relecture : B. Joubert , L.Lavarec, J-P.Malafosse, R.Nadal et Y.Tariel Photo de couverture : B.Berthémy. Création / composition : la tomate bleue LPO © 2011

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